Voyons ensemble comment définir un traumatisme et les éléments importants pour son identification et sa résolution.

Trauma : définition

Un traumatisme psychologique est par définition le résultat d’un événement choquant sur le psychisme. De nombreux types d’événements peuvent induire un choc émotionnel et perturber la personne qui les vit.

En particulier, les événements violents, menaçants la vie de la personne, et surtout ceux impliquant un choc physique direct sont les plus traumatisants. Être simplement témoin d’une telle scène est également traumatisant. Des exemples communs sont les violences physiques, les abus sexuels, le harcèlement, les accidents, la violence domestique ou les combats armés, etc…

Un trauma peut aussi être créé par un événement d’apparence anodin pour une tierce personne. Par exemple, se retrouver seul dans un endroit inconnu est anxiogène pour certaines personnes, et pas pour d’autres.

Concrètement, tout événement choquant peut potentiellement déstabiliser une personne et laisser une marque dans son inconscient sous forme de réaction émotionnelle bloquée (stress). La personne revivra la même émotion à chaque fois qu’une situation similaire se présentera.

Un traumatisme peut être vu comme une hypersensibilisation de notre système de défense qui deviendra donc rigide et hyper-réactif.

Fight / Flight / Freeze

La réponse universelle dans le monde animal face à une menace est appelé fight / flight / freeze ou en français, combat / fuite / paralysie.

Face à une menace, notre corps active une réponse très rapide au niveau des muscles, du débit sanguin, de l’énergie disponible et du comportement adopté. On peut soit se battre, soit fuir, soit entrer dans une paralysie qui a pour but de préserver l’organisme. En effet « faire le mort » est une stratégie de survie qui fonctionne parfois. Les êtres humains ont hérité des mêmes mécanismes, gardés en mémoire après notre longue évolution.

Lors d’un réflexe de combat, notre capacité à agir est augmentée : le flux sanguin augmente, l’hormone adrénaline est sécrétée en abondance, le taux de sucre dans le sang augmente pour procurer plus de carburant aux muscles.

D’un autre côté, le cerveau est moins irrigué, l’hormone cortisol est également abondante, ce qui est bon dans un contexte de survie immédiate, mais néfaste à long terme.

Idem pour la fuite : prendre ses jambes à son cou est un bon moyen de survivre à un prédateur, un accident potentiel, ou un ennemi armé.

La paralysie peut sembler moins fréquente chez les humains, mais c’est pourtant un mécanisme très puissant, utilisé notamment lorsque la situation semble sans issue. On devient alors tétanisé, incapable de se défendre et même de parler ou crier. Ce que vivent souvent les victimes de violence physique ou de harcèlement.

Les victimes de traumas lourds ressentent parfois de la culpabilité parce qu’ils ont étés incapables de se défendre. C’est le réflexe de paralysie qui, toutefois, est une forme prioritaire d’auto-défense et de préservation de l’organisme.

Malheureusement, ce mécanisme fight-flight-freeze peut être hyper-sensibilisé suite à une traumatisme et résulter en des réactions inflexibles, impulsives, du stress ou des troubles anxieux ou dépressifs.

Stress post-traumatique

Selon l’intensité du traumatisme et les ressources de la personne, s’ensuivra un stress physique et mental qui pourra diminuer progressivement ou au contraire persister. On assiste parfois à des effets à rebours avec une montée intense de stress plusieurs heures, jours ou mois après un événement traumatique.

On parle en particulier de syndrome de stress post-traumatique dans le cas précis ou ce stress prend une place extrêmement importante dans la vie de la personne.

Dissociation et Amnésie

Une autre conséquence fréquente des traumatismes est la création de mécanisme de protection pour l’esprit, en particulier la dissociation et l’amnésie.

On utilisait jusqu’à encore récemment le terme « refoulement » pour indiquer comme l’esprit crée des barrières pour diminuer la souffrance. A la suite d’un traumatisme, l’esprit va « encapsuler » le souvenir de l’événement autour de couches de protection.

L’amnésie en est une forme extrême : impossible pour la personne de se souvenir de ce qu’elle a vécu. L’amnésie est le plus souvent ponctuelle, limitée à un évènement précis. Elle est parfois plus large est englobe un laps de temps relativement long. Certaines personnes, par exemple, ont peu de souvenir de leur enfance avant l’âge de 10 ans, ou ont un « trou noir » sur une période allant de l’âge de 7 à 9 ans par exemple.

La dissociation est le fait de se distancer émotionnellement d’un événement ou d’un sujet lourd en émotions. Lors d’une dissociation, l’esprit prétend que l’événement est arrivé à quelqu’un d’autre. Une forme simple de dissociation consiste à avoir un souvenir dans lequel on se voit – à la troisième personne – en train de vivre l’évènement.

A l’extrême, une personne soumises à des traumatismes répétés et/ou intense peut développer un trouble dissociatif allant jusqu’à la psychose dans certains cas. Un trouble dissociatif de l’identité, par exemple, indique que la personne se dissocie complètement de son corps et de ses émotions, ayant alors du mal à avoir le sens de la réalité concrète.

Reconnaitre un traumatisme

Comment reconnait-on un traumatisme psychique ?

De nombreuses personnes se demandent si elles ont été victimes de traumatisme, car elles n’en gardent pas forcément de souvenir clair.

En effet, la dissociation fait qu’il est difficile, dans le présent, de retrouver l’émotion liée à un souvenir enfouit. Et le souvenir lui-même peut être occulté de la mémoire consciente s’il est trop traumatisant.

Il y a cependant plusieurs moyens de reconnaitre un traumatisme :

  • Repenser au souvenir déclenche automatiquement une émotion négative : peur, rejet, colère, tristesse, etc…
  • Sans souvenir précis, la personne a le sentiment qu’il s’est « passé quelque chose » mais n’arrive pas à préciser de quoi il s’agit. Une analyse consciente du problème mène souvent à des impasses car l’esprit rationnel peut imaginer des raisons qui paraissent logiques. Or, l’interprétation du trauma n’est pas forcément logique.
  • La personne vit un comportement répétitif, inflexible (exemple : addiction, compulsion, schéma de vie répétitif, etc..).
  • Au présent, la personne vit des émotions négatives qu’elle n’arrive pas à gérer par rationalisation.

Cela demande parfois d’être guidé par une tierce personne qui, n’étant pas traumatisée, saura plus facilement reconnaitre une réaction « anormale ».

Que faire lorsqu’on a du mal à sentir ses émotions ?

Le fait de ne pas sentir ou reconnaitre ses émotions est bien sûr un obstacle à l’identification d’un traumatisme. C’est justement un des objectifs d’une bonne thérapie des traumatismes que de pouvoir aider une personne à se reconnecter à ses émotions, les accepter et les apprivoiser.

En effet, un être humain « complet » doit avoir la possibilité d’utiliser la totalité de son être, incluant son intelligence émotionnelle et corporelle.

C’est cependant à cause de traumatismes qu’il est parfois difficile de sentir ses émotions. Différents exercices peuvent aider à renverser cette situation. Vous les trouverez dans la section Ressources.

Et la somatisation ?

Le fait de somatiser (on parle de psycho-somatisation) consiste à vivre dans notre santé corporelle des problèmes dont l’origine est peut-être psychologique, c’est-à-dire en vérité, liée probablement à un traumatisme, même de faible intensité.

Dans ce cas, la somatisation est sans doute un moyen pour le corps de faire passer un message à l’esprit conscient rationnel, car ce message n’est pas entendu ou compris via la voie normale de communication entre le corps et l’esprit : la voix des émotions.

Travailler sur un problème psycho-somatique implique donc de réapprendre à écouter son corps et ses émotions, et d’être guidé dans cette ré-appropriation de soi-même.

Un exercice utile dans le cas de la somatisation comme de la dissociation, pour des raisons qui se rejoignent, consiste à Habiter son corps.

Résoudre un traumatisme

Résoudre ou « guérir » un traumatisme psychologique est tout à fait possible, et c’est le sujet du site tout entier. Vous trouverez donc de nombreuses ressources dans les autres articles. Des techniques de thérapie comme l’EFT sont très efficaces.

Les notions les plus importantes pour commencer sont de comprendre la pile des traumatismes et les critères de guérison d’un traumatisme.

Pour le reste, vous pouvez retourner sur la page principale Traumatisme pour d’autres infos sur la définition du traumatisme.

Micro-traumatismes

Les micro-traumatismes sont des traumatismes de moindre intensité, dûs à des évènements d’apparence anodins, que l’on peut facilement sous-estimer. Pourtant, ils ont aussi un impact sur notre vie.

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Traumatismes complexes

Les traumatismes complexes sont un cas particulier de situation traumatique répétées produisant des dégâts considérables sur la construction de l’individu.

Leur traitement est plus délicat, long et complexe, mais leur résolution est particulièrement libératrice.

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