Il arrive parfois que des techniques comme l’EMDR ou l’EFT n’arrivent pas à apporter le résultat escompté. Même avec des techniques efficaces, l’élimination d’un problème émotionnel peut être compliqué. Pourquoi cela ne marche-t-il pas ?

Une personne m’a récemment confié avoir passé près de 20 heures de travail sur une peur des transports, et ressentir toujours cette peur aujourd’hui. Pourtant, cela fait 1 an et demi qu’elle travaille dessus, a fait plusieurs séances par elle-même, vu 3 praticiens en EFT, un ostéopathe et un énergéticien pour ce problème précis. Cela lui a donné un succès temporaire à chaque fois, mais l’émotion est toujours revenue.

Pourtant, l’EFT est selon moi une des techniques à plus haut taux de succès. Seulement, cette technique n’est pas non plus parfaite et le cas de cette personne n’est pas isolé.

Nous allons voir 7 raisons pour lesquelles l’EFT ne marche pas :

  1. Vous n’avez pas tapoté assez longtemps
  2. Vous n’avez pas accepté l’émotion complètement
  3. Il y a une inversion psychologique (spécifique ou globale)
  4. L’émotion est une copie
  5. Il y a une association corporelle traumatique
  6. Vous n’avez pas fait une une régression complète
  7. Le trauma a plusieurs racines

A chaque fois, je vous montrerai comment identifier si c’est ce problème qui a fait que l’EFT n’a pas marché, et comment y remédier.

Tous les thérapeutes n’ont pas conscience de ces 7 raisons pour lesquelles l’EFT, parfois, ne marche pas. Il est donc important de comprendre les mécanismes en jeu. Cet article s’adresse donc aussi bien aux pratiquants d’EFT qu’aux professionnels de la thérapie.

 

1) Vous n’avez pas tapoté assez longtemps

L’EFT fonctionne avant tout par un principe « mécanique » : la stimulation des points réflexes crée une réaction nerveuse calmante. Le système parasympathique est activé, calmant divers systèmes dans le corps (baisse du cortisol et de l’adrénaline par exemple) ; les ondes cérébrales sont harmonisées et leur rythme décroît (signe de calme) ; l’amygdale qui gère les émotions primaires, est également stimulée, et cela permet de « mettre à jour » l’association entre une situation et une émotion, et de désactiver l’émotion.

Une erreur courante est tout simplement de ne pas stimuler les points EFT assez longtemps.

Le cas le plus courant : vous avez ciblé une émotion à 7/10 d’intensité (voir ciblage en EFT) et vous avez correctement appliqué l’EFT pendant 20 minutes. L’émotion est descendue à 2/10 d’intensité, et vous vous lassez de tapoter car 20 minutes vous parait un temps assez long. Vous arrêtez donc de tapoter car l’émotion est bien moindre qu’auparavant, et cela vous parait OK.

Conséquence : pendant quelques temps, l’émotion semblera avoir presque disparu. Puis, une situation quelconque déclenche à nouveau cette émotion, et elle monte à 5/10. Quelques jours après, une autre situation similaire active à nouveau votre réaction émotionnelle, qui monte à 7/10 !

Autrement dit : le traitement n’a pas été efficace.

L’objectif d’un traitement efficace est toujours de faire baisser l’émotion à 0/10.

J’insiste toujours sur ce point avec mes clients. Même un 0,5/10 signifie que l’émotion est encore là, et il y a des chances qu’elle remonte à une intensité supérieure dans le futur.

Et la chose la plus simple à faire est de continuer à tapoter jusqu’à atteindre un résultat total.

Ainsi, même lorsque vous êtes à 0/10 en intensité émotionnelle, continuez à tapoter pendant encore 2 ou 3 minutes.

Une séance d’EFT peut aussi bien durer 10 minutes qu’une heure, voire plus.

Personnellement, le trauma le plus compliqué que j’ai eu à traiter m’a pris environ 4 heures. Bien sûr, la plupart du temps, c’est bien plus rapide.

Considérez cependant qu’il faudra peut-être 20, 30 ou 45 minutes pour atteindre votre objectif et désactiver l’émotion négative pour de bon.

Comment savoir si c’est le problème :

Vous avez interrompu la séance alors que l’émotion était encore présente (même si beaucoup moins intense). Vous vous êtes immédiatement senti mieux, mais quelques jours ou semaines après, la même émotion revient et gagne en intensité à nouveau.

 

2) Vous n’avez pas accepté l’émotion complètement

Dans l’EFT, on utilise la phrase « même si j’ai cette émotion, je m’aime et je m’accepte complètement ». Cette phrase est très importante. Dans d’autres techniques, même si on ne le dit pas à voix haute, on est aussi encouragé à accepter complètement l’expérience.

Que signifie « accepter », dans ce contexte ?

Il s’agit en fait de ressentir complètement l’émotion et d’accepter l’expérience telle qu’elle est.

C’est plus facile à dire qu’à faire.

En effet, lorsqu’on utilise l’EFT en régression, pour revenir vers un souvenir douloureux de notre passé, il est courant de devoir affronter des événements douloureux, parfois incompréhensible.

Et même en restant dans le présent, l’émotion est parfois tellement forte et insupportable que notre réflexe est de ne pas la ressentir complètement.

C’est bien sûr notre mécanisme de protection principal que d’éviter de ressentir directement la souffrance (on parle alors de dissociation émotionnelle).

Cependant, si la souffrance est encore en nous et qu’on a décidé de la traiter pour de bon avec l’EFT (ou une autre technique de thérapie des traumas), il faut l’accepter totalement.

Cela veut dire qu’à un moment donné dans la séance, il faudra ressentir totalement l’émotion telle qu’elle est, avez les sensations physiques associées.

L’avantage de l’EFT par rapport à d’autres techniques, c’est que vous pouvez commencer par ressentir partiellement l’émotion et faire baisser son intensité progressivement avant de la ressentir complètement. Par exemple, si vous commencez à 8/10, vous pouvez faire l’EFT jusqu’à ce que l’émotion soit à 3/10. Il sera alors plus facile de la ressentir pleinement en étant complètement dans votre corps.

C’est néanmoins un passage obligé pour un traitement complet.

Comment savoir si c’est le problème :

Vous avez tendance à ne pas ressentir pleinement votre corps, et vous n’avez pas accepté pleinement l’émotion sur laquelle vous avez travaillé. Même si l’intensité a baissé, le problème va vite revenir.

 

3) Il y a une inversion psychologique

Une inversion psychologique est un mécanisme qui empêche tout simplement l’EFT de fonctionner. Obéissant à des besoins de défense, le système nerveux (cerveau reptilien) va créer un blocage et mettre des obstacles sur votre route.

On distingue les inversions psychologiques globales et spécifiques.

Inversion psychologique globale

Ce type d’inversion intervient pour bloquer toute tentative de changement via le système énergétique (les méridiens utilisés en EFT). Il peut s’agir de deux choses :

  1. Le contexte n’est pas sécuritaire ou approprié. Vous n’avez pas confiance en la personne avec laquelle vous travaillez. Ou autre raison qui fait que ce n’est pas le bon moment / endroit pour travailler.
    Dans ce cas, il faut changer de contexte ou de personne, jusqu’à vous sentir en sécurité.
  2. Votre système énergétique est en inversion générale.
    Il faut dans ce cas boire de l’eau et procéder à la routine énergétique. Un praticien EFT compétent sera également capable de détecter pourquoi votre système énergétique est inversé.

Ce que je vous conseille, c’est de faire la routine au début de chaque séance d’EFT et d’être bien hydraté.

Inversion psychologique spécifique

Les inversions psychologiques spécifiques sont liés au sujet précis sur lequel vous travaillez. Le cerveau reptilien vous empêchera de vous débarrasser de l’émotion négative ou du trauma à cause d’une autre émotion qui se cache derrière.

Vous pouvez vous demander : pour quelle raison voudrai-je conserver ce problème ?

La réponse peut être : cela me procure malgré tout un sentiment de contrôle, de confort, de plaisir, ou autre sensation « positive ». Derrière ça, il y a probablement une émotion négative opposée : peur de perdre le contrôle, frustration, tristesse, etc…

On peut voir les inversions psychologiques comme une recherche de bénéfice secondaire : avoir le problème me permet de satisfaire un besoin particulier. Exemple : je crée involontairement des disputes avec mon épouse car cela me donne un sentiment de connexion ; j’ai peur de ressentir une distance entre nous, je préfère encore une dispute.

Dans ce cas, cela aide d’avoir un point de vue extérieur qui nous aide à voir plus clair dans nos réactions personnelles.

On peut aussi rechercher des thèmes précis d’inversion psychologique :

  • Je suis en danger si je lâche cette émotion
  • Les autres sont en danger si je lâche cette émotion
  • Je trahis ma famille / ma tribu si je lâche cette émotion
  • Je perds mon identité si je lâche ce problème
  • Je ne mérite pas de régler ce problème
  • Je me sens coupable / je n’ai pas le droit de régler ce problème

De manière générale, lorsqu’on suspecte une inversion psychologique, il est plus facile de l’identifier en ressentant tout son corps, et en étant attentif à nos réactions. Si, par exemple, vous dites à voix haute « tout en moi est prêt à régler ce problème tout de suite », soyez attentif à la partie de vous qui pourrait dire « oui, mais non » !

On peut suspendre une inversion psychologique spécifique en massant le point sensible et en faisant une phrase de préparation spécifique « même si j’ai peur de trahir mon clan et d’être abandonné si je règle ce problème, je m’aime et je m’accepte totalement ».

Il faudra peut-être répéter cette étape plusieurs fois pour pouvoir traiter le premier problème sur lequel on travaillait.

On peut aussi régler définitivement le blocage en traitant l’émotion / le trauma à l’origine de l’inversion. Cette option est une bonne stratégie à long terme pour les personnes désirant un travail approfondi de libération émotionnelle. En effet, le trauma à l’origine de l’inversion peut créer des inversions pour d’autres traumas. C’est donc un obstacle, que l’on peut désactiver pour de bon.

Comment savoir si le problème est une inversion :

L’intensité de l’émotion ne baisse pas, dès le début du traitement, ou à un moment donné dans la séance. Il est très rare que l’émotion baisse en-deça de 2/10 s’il y a une inversion.

 

4) L’émotion est une copie

Un cas spécifique de problème émotionnel vient du mécanisme des copies. Dans certaines situations, nous copions une émotion présente chez une autre personne et nous enregistrons cela comme une réaction émotionnelle normale.

Exemple : je vois mon oncle en colère à cause d’une situation X, je suis triste pour lui, et je ressens la même colère.

Ce mécanisme est très rapide et inconscient, il est donc difficile d’identifier que l’émotion que nous ressentons ne nous appartient pas vraiment.

Les copies sont un cas courant dans lequel l’EFT ne fonctionne pas.

On peut reconnaitre une copie en se concentrant sur l’émotion, et en vérifiant si elle nous rappelle la personnalité d’une personne connue.

Si oui, alors il convient de reconnaitre que, « en-dessous » de cette émotion copiée, il y a une autre émotion, la notre. C’est celle-là qu’il faut donc traiter. Lorsque cette émotion sera traitée, la copie disparaitra également.

Comment savoir si le problème vient d’une copie :

L’émotion ne baissera pas du tout avec l’EFT, ou alors il y a un effet « rebond » : l’émotion revient presque immédiatement à son intensité originelle.

 

5) Il y a une association corporelle traumatique

Dans certains cas, le cerveau reptilien peut créer une association entre l’émotion et les sensations ressenties lors d’un traumatisme, et un sentiment de sécurité.

Cela va bien sûr contre la raison. Pourtant, le raisonnement de base du cerveau reptilien est : j’ai survécu à cette situation difficile, je dois donc à tout prix garder ce que j’ai ressenti dans ce moment.

Les associations traumatiques sont une grande source de résistance en thérapie. Quelle que soit l’efficacité des techniques employées, le cerveau reptilien est capable de les contrecarrer et de restaurer le problème s’il croit qu’il en a besoin pour survivre.

Rappelons-nous que le cerveau reptilien est le cerveau primaire et qu’il peut ignorer les autres cerveaux et contrecarrer leurs actions.

Les associations peuvent faire revenir un problème même lorsque celui-ci semble avoir été réglé (l’intensité est bien descendue à 0/10). Elles peuvent aussi créer un problème similaire dans les situations similaires. On a alors l’impression de devoir refaire un traitement à l’infini.

Le seul moyen que je connaisse de régler efficacement une association corporelle traumatique est d’utiliser une technique spécifique qu’il m’est interdit d’enseigner.

Comment reconnaitre si le problème vient d’une association corporelle traumatique :

Le problème a été réglé, mais réapparait, sous sa forme originelle ou légèrement différente. Les associations corporelles sont souvent identifiées sous la forme d’une sensation de lourdeur ou de tension dans le ventre (mais pas toujours).

 

6) Vous devez faire une régression complète

Les régressions sont un élément central de la thérapie des traumatismes.

Nos problèmes émotionnels présents sont dus à nos expériences passées, en particulier les traumatismes. Faire une régression signifie revenir dans le passé, à l’origine de notre émotion, pour régler ce qui s’est passé à ce moment-là.

Une erreur courante est de ne pas régresser suffisamment loin dans le passé.

En effet, les traumatismes fonctionnent comme une pile (voir pile des traumatismes). Le plus ancien est le plus important, car il déclenche tous les suivants. On peut éliminer toute la pile en prenant l’élément le plus en-dessous, c’est-à-dire le plus ancien.

Cependant, différentes écoles de thérapie et différents courants de psychologie ont différents avis sur l’origine des traumatismes et les moments les plus importants.

Certains pensent que seule la période entre 3 et 7 ans compte, car après 7 ans, notre personnalité est formée, et avant 3 ans, on ne se souvient de rien.

Certains pensent que la petite enfance est plus importante, car c’est là que se construit l’attachement avec des figures paternelles/maternelles.

D’autres pensent que la naissance est le point central. D’autres encore que c’est ce qui se passe pendant la gestation. Etc…

Je pense que toutes ces périodes sont importantes, et qu’on ne peut pas savoir à l’avance d’où vient le problème.

La solution est donc de continuer la régression le plus loin possible dans le passé, sans préjugé sur ce que l’on va trouver. On tombera peut-être sur des événements étonnants, ayant peu de rapport avec la situation présente. Néanmoins, le but est d’aller au plus bas de la pile des traumatismes.

Comment savoir si c’est le problème :

En régressant à nouveau, voyez si vous pouvez aller encore plus loin dans le passé.

Attention : régresser est délicat et peut déclencher des réactions intenses. C’est une technique réservé aux thérapeutes et aux initiés.

 

7) Un trauma peut avoir plusieurs racines

C’est un fait relativement peu connu de manière précise, mais la pile des traumatismes peut mener à plusieurs racines. Il est facile de passer à côté lors d’une régression. Car s’il y a plusieurs racines, il faut faire plusieurs régressions.

Autrement dit, une émotion dans le présent peut être une combinaison de deux ou plusieurs émotions passées. Même si cette émotion est la même depuis de nombreuses années.

Dans ce cas, il faut simplement appliquer une régression complète, à partir du présent, sur chaque aspect des sensations physiques négatives ressenties.

Comment savoir si c’est le problème :

La régression se passe bien et le trauma descend à 0/10. Mais en revenant au présent, l’émotion négative est encore présente, et les sensations ont changées.

 

Conclusion

Si l’EFT n’a pas fonctionné, ou fonctionné temporairement, c’est probablement à cause d’une des raisons ci-dessus. En étant donc attentifs à ces différents pièges, vous pourrez plus facilement les corriger. Il suffit parfois d’un peu de travail supplémentaire, mais bien ciblé, pour obtenir des résultats étonnants.

Par ailleurs, si vous travaillez seuls en EFT sur un sujet et qu’après plusieurs heures, vous n’arrivez pas à le régler, c’est sans doute qu’il vous serez profitable de travailler avec un thérapeute compétent.

Dans ce cas, n’hésitez pas à faire appel à un praticien certifié.

Une autre chose que je dois vous dire pour être parfaitement honnête.

Aucune technique ne fonctionne dans 100% des cas et avec tout le monde. Chaque personne est unique, et certaines technique ne fonctionnent pas pour une raison X ou Y. Même si l’EFT est une des techniques les plus efficaces que je connaisse, elle ne marche pas dans 100% des cas. Parfois, il est donc plus efficace de changer de technique.

 

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