Le Syndrome de Stress Post-Traumatique est un trouble psychologique touchant certaines personnes ayant traversé un ou des événements particulièrement violents, menaçants ou effrayant.

On utilise l’acronyme SSPT pour désigner ce trouble de stress post-traumatique, ou en anglais : PTSD (Post-Traumatic Stress Disorder).

Sources du Syndrome de Stress Post-Traumatique

Le syndrome de stress post-traumatique est directement causé par un traumatisme.

Il est courant que le stress post-traumatique se déclenche plusieurs semaines ou mois après un événement traumatisant. Souvent, le traumatisme lui-même a été si violent qu’il provoque un phénomène de dissociation, voire d’amnésie : il est difficile ou impossible de se souvenir de l’événement, ou bien celui-ci semble ne pas pouvoir être la source de notre souffrance.

Les événements traumatisants pouvant créer un SSPT sont nombreux. La plupart du temps, il s’agit de situation violente, avec présence d’un danger imminent, souvent avec des blessures physiques sur soi ou autrui. Il en résulte des émotions comme la peur, le sentiment d’impuissance et d’être paralysé, une épouvantable sensation d’horreur.

Voici des exemples courants : accident, être témoin d’une mort violente ou d’actes violents, une catastrophe naturelle ou humaine, guerre et attentat, agression sexuelle et physique.

En pratique, tout événement suffisamment violent peut créer un SSPT, et il suffit d’une fois.

post traumatic stress disorder

Comment se déclenche le syndrome de stress post-traumatique ?

Le SSPT peut se déclencher quelques temps après l’événement traumatisant. Juste après un tel événement, on parlera plutôt de syndrome de stress aigu.

On peut déclencher un syndrome de stress post-traumatique dans les conditions suivantes :

  • Être soi-même victime directe de l’événement violent
  • Être témoin d’une scène violente (réelle ou présumée)
  • Avoir connaissance d’un événement violent vécu par une personne proche (famille, amis proches)

On peut noter également deux éléments importants :

  1. Les secours qui arrivent sur les lieux ont de grandes chances d’être choqués et surpris par ce qu’ils découvrent, et peuvent développer un SSPT (même s’ils sont prévenus ou préparés).
  2. Lors d’un événement majeur, par exemple une attaque terroriste dans une ville, une quantité de la population peut développer un SSPT même en n’ayant pas été atteinte par l’événement, par effet de contamination : le sentiment d’être en insécurité, d’un danger imminent et imprévisible, est bien sûr source d’angoisse.

Un événement violent peut donc traumatiser plusieurs personnes, même celles n’étant pas directement impliquées.

Critères du SSPT

Le syndrome de stress post-traumatique est relativement facile à identifier : les symptômes sont assez souvent les mêmes d’une personne à l’autre :

  • Intrusion et flash-backs : la personne traumatisée va voir les images, les sons, ou les sensations du traumatisme qui l’assaillent régulièrement ; cela peut arriver plusieurs fois par jour, ou bien dans les rêves, et même dans un contexte plutôt calme. C’est un fardeau d’être assailli constamment par ces flash-backs, avec l’impression de revivre la scène et de ressentir la même peur et angoisse.
  • L’évitement : la personne souffant de SSPT aura tendance à éviter toute situation rappelant de prêt ou de loin le traumatisme qu’elle a subi. Souvent, ces personnes évitent même toute situation stressante ou nouvelle, et développent une forme d’agoraphobie.
    On doit mentionner aussi que l’évitement peut se traduire par une difficulté à ressentir les émotions, le fait de se replier sur soi-même et d’être distant des autres personnes, ainsi qu’un manque de motivation ou de plaisir.
    L’évitement peut aussi se traduire par un mauvais fonctionnement de la mémoire : la personne tente de se protéger de son souvenir traumatisant ; ou par un mauvais fonctionnement de la parole : difficulté à évoquer ses émotions, se tromper de mots fréquemment, bafouiller, ou être bloqué.
  • Hypervigilance : ce critère-clé est facile à identifier, la personne traumatisée devenant hyper-sensible à différentes sortes de stimulation, en particulier les situations nouvelles, les endroits inconnus, les bruits trop forts, les zones très actives (zones urbaines, par exemples, avec un fort trafic routier, bruit constant, lumières, etc…). La personne souffrant de SSPT peut avoir de l’insomnie, être très nerveuse et être effrayée facilement, ou bien être irritable et s’énerver facilement.
    De plus, la personne peut vivre avec l’angoisse d’une catastrophe imminent, impossible à identifier et dont on ne peut pas se protéger.

En résumé, c’est comme si la personne traumatisée revivait en permanence le traumatisme qu’elle a vécu, et qu’il est très difficile de chasser de son esprit les images et les souvenirs de ce qu’elle a vécu.

SSPT et Trauma, c’est la même chose ?

Non.

Un traumatisme est de manière générale un événement choquant laissant un souvenir chargé en émotion négative, cognition négative, et avec des sensations associées. Un traumatisme crée des réactions plus ou moins facile à dépasser : peur, blocage, tristesse, stratégies d’évitement, etc…

En revanche, un stress post-traumatique crée des perturbations extrêmement fortes : le trauma revient en permanence, ou crée une grande souffrance et un grand handicap dans la vie de la personne.

Un traumatisme est la condition nécessaire à un SSPT.

Mais comme nous l’avons vu plus haut, le stress post-traumatique est plus spécialement engendré par des événements physiquement violents.

Tout le monde vivra des traumatismes (petits ou grands ; facile ou pas à dépasser selon nos ressources intérieures), mais peu de personnes développent un syndrome de SPT.

Les populations à risque sont bien entendu les victimes d’agressions, les militaires, les personnes exploitées (près de 75% des personnes prostituées souffrent de SSPT), et celles ayant vécu de la violence familiale.

SSPT et addictions

Les addictions peuvent être un moyen de tenter d’échapper à un syndrome de stress post-traumatique. En effet, certaines drogues anesthésiantes peuvent temporairement faire baisser le stress et l’angoisse et donc diminuer la souffrance.

Les drogues les plus utilisées dans ce contexte sont l’alcool, parfois l’héroïne, et dans une moindre mesure, le cannabis. Les quantités sont généralement très importantes.

Malheureusement, on connait les effets dévastateurs de ces toxicomanies, et même s’il s’agit de stratégies positives à la base, leurs conséquences ajoutent encore plus de problèmes et de souffrance.

Il est donc important lors d’une thérapie pour sortir de l’addiction, de détecter si la personne tente de gérer un syndrome post-traumatique.

SSPT et suicide

Une autre manière d’échapper au stress post-traumatique et son insupportable souffrance est le suicide. Les taux de suicide sont notablement plus hauts chez les personnes souffrant de SSPT, en particulier les militaires souffrant de traumatismes de guerre, mais aussi les enfants maltraités, ou les personnes malades.

Il est donc d’autant plus important d’aider ces personnes à sortir de ce syndrome et de traiter leurs traumatismes, cela pouvant bien entendu contrecarrer toute tentation suicidaire.

La culpabilité du survivant

Lorsqu’on assiste à une scène violente, et surtout si elle implique des morts violentes, il est courant de développer « la culpabilité du survivant ». On se demande alors : « pourquoi mon voisin est mort, et pas moi ? Qu’aurai-je pu faire pour éviter ce drame ? » Etc…

Malheureusement, il est impossible de revenir en arrière et d’éviter ce qui s’est passé d’arriver. Accepter la réalité des choses devient alors difficile, et amène la culpabilité de s’en être sorti tandis que d’autres n’ont pas eu cette chance.

Pouvoir dépasser cette culpabilité est importante. Il s’agit de s’autoriser à aller de l’avant, à laisser derrière soi les événements, et à retrouver une vision positive et optimiste de la vie, malgré tout. La culpabilité est un obstacle à la guérison.

Bien sûr, la plupart du temps, le survivant n’a rien à se reprocher en réalité, n’étant pas celui qui a perpétré l’acte. On peut toujours se dire « j’aurai dû faire plus », mais ce n’est possible de penser cela qu’après-coup. Sur le moment, la peur prend le dessus, et le cerveau étant programmé pour survivre, fera ce qu’il peut dans la limite de ses possibilités pour trouver une issue.

Les choses vont très vite. Il est possible après de se repasser les événements en boucle dans sa tête, tentant de trouver quelle solution on aurait pu trouver pour protéger l’autre. Cela est totalement vain, et la résolution ne consiste qu’en acceptant la difficile réalité de l’événement.La position de victimeUne personne ayant été victime d’un délit ou d’un crime est bien entendue totalement en droit d’être protégée par la police et la justice, et de tels actes doivent être reportés à chaque fois que c’est possible.Consulter un avocat ou une association d’aide aux victimes et conseillé.On doit pouvoir aider la personne à sortir de cette position de victime et à retrouver confiance en elle et optimisme.Comment guérir d’un syndrome de stress post-traumatique ?

Tout d’abord, il doit y avoir une prise en charge aussi rapide que possible après l’événement, avec un professionnel (psychologue ou psychiatre) qui procédera à un débriefing et donnera à la personne des outils pour gérer la situation autant que possible. Un suivi sera effectué.

En parallèle, il peut y avoir procédure judiciaire le cas échéant. Cette procédure est aussi importante pour la guérison psychologique de la victime !

On considère qu’une personne souffre de stress post-traumatique aigu 1 à 3 mois après l’événement et de stress post-traumatique chronique au-delà de 3 mois.

A partir de là, le traitement est le même que pour un traumatisme, avec les précautions nécessaires. Il s’agira d’apprendre à affronter les émotions et souvenirs difficiles afin de les dépasser pour de bon.

Il existe un grand nombre d’approches efficaces. Voir comment guérir d’un traumatisme.